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Patrimoine Bati, Patrimoniu custruitu



LA TOUR DE LA PARATA et les tours

 Patrimoine Bati, Patrimoniu custruitu
La tour de la Parata est sans doute, par sa situation géographique et son accès facile, celle qui jouit de la plus grande renommée lorsque l’on fait référence à ce type de constructions en Corse.
En effet, située à quelques kilomètres à peine de la ville impériale (Préfecture de la Corse) et très bien visible de terre comme de mer, elle ne nécessite aucun effort particulier pour être contemplée; De plus, elle offre un panorama sur les magnifiques îles sanguinaires
La visite de la Tour de la Parata est donc un passage obligé pour qui séjourne ou visite en une journée la ville d’Ajaccio.
La tour de la Parata (tour de « terre ») est édifiée en 1550-51 par Giacomo Lombardo, chef maçon génois : c’est-à-dire à la fois architecte, entrepreneur et maçon.
Une supplique datant de mai 1552 nous apprend que la tour a été commandée par Accellino Spinola, lieutenant d’Ajaccio (c’est à dire le plus haut fonctionnaire génois de l’Au-delà des monts, représentant du gouverneur qui siège à Bastia).
La tour de la Parata fait partie d’un ensemble destiné à protéger le golfe et la ville d’Ajaccio. Des Iles Sanguinaires, au nord, à la pointe de Capu di Muru, au sud, on trouve successivement :
-         Sanguinare di mare (1590),
-         Sanguinare di terra (1550-1551),
-         Canton Grosso, Aspretto (1582),
-         Capitello (1552),
-         l’Isolella (1597-1598),
-         La Castagna (1587),
-         Capu di Muru.

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A cet ensemble il faut ajouter les tours de Capu di Fenu, de la Pelusella (Lava), au nord et de Capu Neru au sud.
La tour de la Parata, « di terra » était défendue par trois torregiani (un chef et deux soldats) et celle « di mare » par cinq personnes : 4 soldats et un chef (capu).
La tour « di mare », aujourd’hui disparue, a été remplacée par le phare des Sanguinaires dont la construction dura 6 ans (1838-1844). La base du phare, en forme de château fort, avec des mâchicoulis, rappelle la tour génoise à laquelle il a succédé. Un projet prévoyait même de conserver la base de la tour pour édifier le phare au dessus.
Il peut paraître curieux de dire qu’à quelques centaines de mètres de distance figurent deux tours qui devaient assurer le même rôle. la seule explication plausible de ce doublon semble résider dans une accessibilité plus aisée de la tour de la Parata ; cette dernière puisqu’elle est sur la côte (sur une presqu’île) est mieux à même d’être ravitaillée en toutes saisons par rapport à la tour Castellucciu qui se retrouve en mer (sur un îlot).
Cette supputation semble être confirmée par le soin que les architectes de l’édifice ont apporté au confort des occupants la tour est en effet constituée de 4 espaces :
- le 1er est constituée de ce que l’on suppose être une citerne destinée à assurer l’approvisionnement en eau des occupants, durant un éventuel siège par exemple, une trappe y donne accès du 1er étage ;
- le 2ème étage est la pièce à vivre de la tour, la porte que l’on voit côté terre sur la façade y donne accès (une échelle amovible conduisait jusqu’à cette porte), la pièce dispose d’une fenêtre donnant côté mer, d’une cheminée avec évacuation au niveau des mâchicoulis et d’une trappe conduisant au troisième espace à travers la voute du plafond ;
- ce troisième espace servait sans doute de lieu de repos autant que de point d’observation par mauvais temps, il dispose de deux ouvertures (l’une surplombant la porte de l’étage inférieur) l’autre excentrée vers le large par rapport à là fenêtre du deuxième niveau), là encore une ouverture pratiquée dans le plafond permettait l’accès au niveau supérieur ;
- au sommet la plateforme : élément essentiel à la destination de la tour de surveillance.
Cette tour, qui se trouve sur une presqu’île propriété de la ville d’Ajaccio depuis une ordonnance du roi Louis-Philippe en date du 8 mars 1838 ne peut être visitée pour le moment.

LES TOURS LITTORALES

Face aux courses barbaresques, les génois tentent de répliquer en armant 2 galères qui patrouillent le long des côtes. Cette solution s’avère dérisoire et peu efficace.
En 1531, l’Office Saint-Georges décide de défendre l’île grâce à des tours de guet pouvant donner l’alerte : 25 tours seront édifiées (la majorité dans le Cap Corse).
En 1562, la Corse est cédée à la « Sérénissime République de Gênes » qui crée l’office des implantations et des fabrications des tours en 1571. Quelques 65 nouvelles tours vont être construites sur un littoral long de 1000 km.
En général ces tours étaient édifiées en un an avec des formes (ronde : rotonda : ou carrée : quadra), des matériaux (schistes, calcaire, granite) et des dimensions très variables (entre 9,5 mètres et 17,5 mètres de hauteur, 15 à 39 mâchicoulis et des pièces à vivre allant de 10 à 33 m²).
Les fonctions des « torregiani » (gardien des tours) sont limitées de un à trois ans et avec des conditions draconiennes. Les garnisons sont composées d’un « capu » (chef) secondé par 2, 3 ou 4 « suldati » originaires de l’île ou bien génois ; les hommes sont payés grâce à des taxes locales. Les tours littorales communiquent entre elles par des moyens visuels (fumée) ou sonores (cornes).
Elles ont de multiples fonctions : donner l’alerte à la vue d’une voile ennemie, transmettre cette information aux autres tours, résister en cas de débarquement barbaresque.
Elles ont également un rôle économique : la garnison perçoit les droits d’ancrage, contrôle le commerce et empêche la sortie illégale de marchandises.
En 1755, sous le gouvernement de Pasquale Paoli, il ne reste plus que 22 tours !

LE FEROCE DRAGUT

La “tour des Sanguinaires de terre” est très ancienne et fait du système de défense élaboré par les génois afin de limiter les effets des razzias barbaresques d’alors.
Il est en effet important de souligner que l’île de beauté était alors l’une des cibles privilégiées des marins turcs, au premier rang desquels le féroce Dragut, et que la population vivant sur les bandes littorales, payait un lourd tribut à l’appétit démesuré des dits barbares.
Dragut était malheureusement un visiteur régulier de l’île : Sartène en 1549, Ajaccio et Sarrola-Carcopino en 1550. C’est pourquoi le représentant du pouvoir génois en Corse (à l’époque l’office Saint-Georges) sous la pression des communautés habitant sur le littoral, sollicita la construction de tours de garde telles que les  tours de Castelluciu (sur l’île de Mezu Mare vers 1550) et de la Parata.

LE SEMAPHORE

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Le sémaphore, implanté sur le piton central de Mezu-Mare, est mis en service en 1865 et désarmé en 1955. Au 6 Messidor de l’an XIII (26 juin 1805), on comptait dans la région Méditerranée 66 vigies qui furent conservées jusqu’en 1807 où elles furent remplacées par les sémaphores.
A la suite de la réorganisation de 1810, la Corse comptait les sémaphores suivants : Bastia – St Florent- Calvi – Ajaccio – Bonifacio.
L’île d’Elbe voisine a comptée jusqu’à sept sémaphores, il n’en restait que quatre en 1814. Il faut également signaler des sémaphores dans les îles ioniennes. Ces sémaphores étaient accompagnés de maisonnettes appelées “cabanes” pour le logement des guetteurs ; deux par poste pour un service très contraignant, jour et nuit.
Le sémaphore fut fermé le 14 avril 1814 puis rouvert du 29 mars au 29 juillet 1815 durant les 100 jours. Le sémaphore de LA PARATA fut construit à l’origine sur la grande île des Sanguinaires. Le sémaphore est implanté depuis 1955 à la pointe de la Parata, côté nord, sur le site d’une ancienne batterie de tir construite de 1929 à 1931.

LE LAZARET

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Revenant d’Afrique, les équipages pouvaient être porteurs de maladies contagieuses (choléra, peste, fièvre de Malte, fièvre jaune, …). Le seul moyen d’éviter les épidémies était d’isoler les malades. Les marins étaient alors mis en quarantaine, c’est-à-dire enfermés durant 40 jours afin d’éviter la propagation. Cet isolement se faisait dans des lazarets se trouvant dans les principaux ports de Méditerranée : Nice, Toulon, Marseille, Livourne, Gênes…

Les Corailleurs

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Ces destinations étaient également valables pour les corailleurs corses,ce qui ajoutait 8 à 10 jours à leur voyage. Pour leur éviter ce désagrément, la décision de construire un lazaret en Corse (réclamé dès 1789 dans les cahiers de doléances de la ville d’Ajaccio !) fut prise sous le consulat le 8 Floréal an X (mai 1802). Edifié sur la grande île des Sanguinaires, Mezu Mare, entre 1806 et 1808, il a la forme d’un pentagone de 63 à 80 mètres de côtés, pouvant contenir plus de 80 gondoles mises sur cales. Une rampe inclinée de 36 mètres  de long permettait de tirer les corallines à l’intérieur du bâtiment. Le personnel est composé d’un concierge, d’un chirurgien, d’un infirmier et d’un inspecteur chargé de la police sanitaire. Ce dernier a à sa disposition 8 gardes dont la mission est de maintenir l’ordre parmi les équipages dormant dans leurs bateaux et devant patienter dans ce milieu confiné quarante jours !
De moins en moins utilisé, le lazaret de Mezu Mare fut remplacé par celui d’Asprettu terminé en 1847, plus proche de la ville, pour y accueillir les blessés et les malades de la conquête d’Algérie débutée en 1830.

LE PHARE DES SANGUINAIRES

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Le phare des Sanguinaires ou phare du golfe d’Ajaccio domine le point le plus haut de la Grande Sanguinaire, l’île principale de l’archipel des Sanguinaires. Il se trouve à 18 km à l’ouest d’Ajaccio. Il balise la côte sud-ouest de la Corse et l’entrée du golfe d’Ajaccio. Le programme d’illumination de l’île n’avait pas été étudié en 1825 par Augustin Fresnel. C’est en 1838 qu’est décidé d’implanter 5 phares de premier ordre pour ceinturer l’île. Le phare des Sanguinaires sera le premier construit avant celui de Pertusatu. Il sera suivi de ceux de la Chiappa au sud, du phare de la Revellata à l’ouest et celui de la Giraglia au nord.
C’est une tour carrée lisse en pierres apparentes, centrée sur un bâtiment rectangulaire d’allure médiévale. Il est automatisé depuis 1984 et le gardiennage a été supprimé en 1985.

LE PHARE DES SANGUINAIRES et Alphonse DAUDET

Les îles et plus exactement le phare des Sanguinaires reçurent la visite d’un invité de marque : Alphonse Daudet. Il séjourna dans la grande île en 1863. Il s’ inspira de son séjour lorsqu’il écrivit “le phare des Sanguinaires”.
Voilà la description que faisait le célèbre écrivain de ces îles mystérieuses telles que publiées dans “Les lettres de mon moulin” édition définitive :
“Figurez-vous une île rougeâtre et d’aspect farouche ; le phare à une pointe, à l’autre une vieille tour génoise où, de mon temps, logeait un aigle. En bas, au bord de l’eau, un lazaret en ruine, envahi de partout par les herbes ; puis, des ravins, des maquis, de grandes roches, quelques chèvres sauvages, de petits chevaux corses gambadant la crinière au vent ; enfin, là-haut, tout en haut, dans un tourbillon d’oiseaux de mer, la maison du phare, avec sa plate-forme de maçonnerie blanche, où les gardiens se promènent de long en large, la porte verte en ogive, la petite tour de fonte, et au-dessus la grosse lanterne à facettes qui flambe au soleil et fait de la lumière même pendant le jour…
Voilà l’île des Sanguinaires, comme je l’ai revue cette nuit, en entendant ronfler mes pins. C’était dans cette île enchantée qu’avant d’avoir un moulin j’allais m’enfermer quelquefois, lorsque j’avais besoin de grand air et de solitude”.

lettresdemonmoulin.pdf Les lettres de mon Moulin  (864.43 Ko)




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